Tiassalé : Déguerpies et menacées de famine, 64 familles de « Petit Guiglo » côtoient la mort

Maisons et plantations complètement ravagées. Populations traumatisées, enfants malades et contraints à suspendre les cours, pleurs et cris de détresse…voici le spectacle désolant qu’offre la localité de « petit Guiglo » dans le département de Tiassalé.

Selon le porte-parole des populations de ce village détruit, leur malheur provient de la volonté de la famille Adjoumani de posséder les 600 hectares de parcelle de cette localité comprenant les villages de Petit Guiglo et Ahua.

« Nous n’avons pas été prévenus d’un quelconque déguerpissement. Le 2 janvier 2019,  la famille Adjoumani a fait déployer un important dispositif de forces de l’ordre et de gendarmerie pour nous gazer et nous obliger à quitter ces terres. Résultats, nos maisons et plantations ont été détruites. Des villageois ont été gazés et blessés. Nous n’avons plus rien à manger et les personnes traumatisées sont nombreuses. Si rien n’est fait d’ici peu, nous craignont des morts surtout de nourrissons et vielles. Car ce sont 64 familles qui dorment sous la pluie et le soleil avec les nourrissons et les personnes du 3ème âge », a lancé Abé Michel, président des jeunes de petit Guiglo, le 8 février 2018, lors de notre passage.

Avant d’inviter le gouvernement à réagir afin d’éviter le pire : « Le préfet de Tiassalé et le maire affirment que le problème est au-delà de leur compétence. Lorsque nous voulons protester, on nous empêche d’organiser des marches pacifiques. Nous appelons le chef de l’Etat à l’aide surtout qu’il a placé 2019 sous le sceau du social. Nous demandons  à être relogés et dédommagés car nous avons perdus des millions avec la destruction de nos plantations et maisons. »

les populations crient leur désespoir et appellent le gouvernement à l’aide

Dans le village d’Ahua d’où est originaire la famille Adjoumani, l’heure est aux interrogations. « Que s’est-il passé pour qu’après avoir été déboutée dans ce dossier par le tribunal de Tiassalé , la famille Adjoumani, après des tractations a obtenu le feu vert de cette même justice pour disposer de 600 hectares de terre qui appartiennent à tout un village ? », s’interroge Mr Yao Komena Robert, porte-parole des population d’Ahuia.

Pour ce dernier, c’est une injustice. « Nous avons accueilli la famille Adjoumani sur nos terres il y a très longtemps par hospitalité. Aujourd’hui, cette famille nous a presque tout pris car elle a des contacts au haut niveau de l’Etat. Nos plantations ont été détruites pour d’autres activités qui verront le jour dit-on. Nous ne vivons plus car nous sommes meurtris et sans âme. C’est pourquoi nous appelons au secours pour que le chef de l’Etat intervienne» a indiqué le porte-parole des villageois d’Ahua.

A en croire des sources proches de la famille Adjoumani, leur volonté de prendre possession de ces terres est conforme à une décision de justice qui leur donne plein pouvoir après un appel d’une première décision en leur défaveur.

Selon ces sources, des montants de dédommagement auraient été proposés aux familles d’AHUA mais ceux-ci jugent les sommes insignifiantes au regard des pertes enregistrées. Rappelons que les terres de Petit Guiglo appartiennent au village d’Ahua.

Dimitry Chrysostome