La situation tendue entre l’opposition et Alassane Ouattara inquiète plus d’un. Benjamin Téhé, proche collaborateur de Mamadou Coulibaly se lâche et tacle durement Alassane Ouattara dans cette interview.

 

 

La crise postélectorale tant décriée est dans sa phase active. Comment sortir de cette spirale de violence et de morts inutiles ?

Benjamin TEHE : voyez-vous ! Nous sommes à la fois meurtris et malheureux de toujours commencer nos propos par ce rituel de condoléances et de compassion puisque cela aurait pu être évité si et seulement si notre constitution avait été respectée en lieu et place de l’institutionnalisation du désordre. Hélas ! Mille fois hélas. Ouattara, ces adeptes et une partie des politiques français ont décidé de nous pourrir la vie. J’irai plus loin en disant que nous n’avons pas encore vidé le contentieux électoral de 2010. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à résoudre ce quadrivium : crise électorale, crise institutionnelle, crise morale et diplomatique. L’ordre ici importe peu car ces problèmes sont liés et interconnectés.

A propos de l’aspect diplomatique, quel commentaire faites-vous de la sortie du ministre des Aff. E. Français Yves Le Drian ?

Benjamin TEHE : La sagesse africaine nous enseigne ceci : « le putois ne sait pas qu’il pue ». Transposée à notre situation, nous pouvons tout simplement dire que cette classe politique lâche et esclavagiste française ne mérite pas notre attention encore moins notre considération. Ils peuvent s’empêtrer dans des tournures rétrogrades de diplomaties de la période du commerce triangulaire mais qu’ils se souviennent que nous sommes en 2020 et que la France est confinée, sous couvre feu, et la Côte d’Ivoire non. Il peut continuer à boire du café Ivoirien, manger le chocolat de la sueur de nos labeurs ; mais pour combien de temps ? La carte diplomatique mondiale se redessine mais seules les politiques français fonctionnent encore comme le Coq. A LIDER, nous avons identifié le mal depuis longtemps et nous ne tolérerons jamais ces dérives diplomatiques, fussent-elles d’une puissance nucléaire.

Alassane Ouattara semble être revenu à de meilleur sentiment en essayant d’ouvrir une lucarne pour la décrispation.

Benjamin TEHE : Ceux qui ont connu et pratiqué l’ex président Ouattara, savent que toutes ces gesticulations ne relèvent du dilatoire. Depuis 30 ans maintenant, nous avons maîtrisé les différentes mutations de l’homme. Pourquoi revenir là où l’on a refusé de commencer ? Pourquoi maintenant ? Que gagne le peuple ? Voici autant de questions auxquelles nous devons tenter de répondre avant de spéculer sur la rencontre. Les déclarations lues ça et là, ont fini de convaincre l’opinion nationale et internationale de la volonté du peuple à faire respecter pour une fois, la loi fondamentale. Le respect des principes démocratiques est le combat de notre candidat Mamadou Koulibaly. « Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins », pour dire à l’ex-président que toutes ces acrobaties politiques ne pourront le sauver cette fois-ci. Il faut respecter la constitution. C’est l’unique chemin de son salut.  Ce n’est vraiment pas difficile à comprendre. Et s’il pense que ces miliciens microbes et FRCI peuvent effrayer les Ivoiriens, il a tout faux. Nous combattrons cette race de politiciens et tous leurs soutiens jusqu’au sacrifice suprême.

Les hommes religieux ont-ils encore un rôle à jouer dans la résolution de cette crise ?

Benjamin TEHE : Partout dans le monde, la religion ou les hommes religieux ont œuvré à l’instauration de la justice et la vérité. Le pasteur Martin Luther King, l’archevêque Desmond TUTU, le guide Dalaï-lama, etc. En Côte d’Ivoire  nous pouvons citer le cardinal Kutwa, l’Imam Agib TOURE, l’évangéliste (feu) Kacou Sévérin et le Pasteur  Mohamed SANOGO. Tous ces hommes de Foi et biens d’autres contribuent à l’équilibre ou à l’apaisement de la situation. Mais il faudrait bien les écouter et avoir un minimum de respect pour la vie humaine pour comprendre le message qu’ils délivrent.  La Côte d’Ivoire a abusivement inscrite la laïcité dans ses textes mais dans la pratique, c’est tout autre chose. Oui, les hommes de Foi ont encore un rôle très important à jouer pourvu que le diable certains politiciens n’aient déjà vendu leurs âmes au diable, donc impossible de modifier leur destiné.

Quelle est donc la position de LIDER face à cette impasse ?

Benjamin TEHE : Ecoutez ! Des voix plus autorisées s’exprimeront au nom du parti au moment opportun pour donner notre position qui sera sans ambigüité dans l’intérêt supérieur des Ivoiriens. Cependant,  en tant que citoyen, il est important de noter le fait que seul le combat pour la nation pourra nous affranchir de toutes ces contingences maléfiques. Le combat à mener ici n’est ni pour une région, ni pour une religion, ni pour un leader politique quelconque encore moins pour un parti politique. Certains pensent à tort qu’ils peuvent ruser avec le peuple en cherchant à profiter de la situation mais lorsque nous aurons fini de dégager Ouattara, nous,  peuple souverain les sanctionnerons dans les urnes. C’est d’ailleurs la raison des problèmes de Ouattara avec le peuple. Toujours dans des stratégies de ruse. Aucune sincérité et conviction personnelle. Il est victime de ses propres turpitudes.  Et c’est à juste titre que le professeur Mamadou Koulibaly disait récemment, parlant de Ouattara ; « Gouverner c’est dur surtout quand vous avez tué, menti, triché, violé des textes, assassiné des gendarmes, pillé des récoltes, instrumentalisé régions et religion, … et que, ce que vous pensiez être éternel, vient à s’achever et que la peur de rendre des comptes vous étrangle». A LIDER nous apprenons à faire la politique autrement. Cela semble parfois difficile mais c’est le prix à payer pour la liberté, la démocratie et l’émergence d’une nouvelle classe de dirigeants et de citoyens dont la rigueur, l’attachement à la justice seront des repères.

Plusieurs Ivoiriens, les leaders politiques y compris sont arbitrairement arrêtés et subissent des tortures inimaginables dans des endroits parfois  tenus secret en dehors de tous cadres juridiques. Votre commentaire ?

Benjamin TEHE : Je vais vous annoncer l’apocalypse. Si nous ne faisons rien pour dégager Ouattara  toute la Côte d’Ivoire sera irrémédiablement une prison à ciel ouvert. Croyez-moi, même dire bonjour à son voisin serait un crime.  Accepter ce viol serait un suicide historique jamais réalisé par un peuple. Il faut éviter d’être neutre dans cette situation que nous traversons car c’est faire preuve de lâcheté. Dans un village, lorsqu’on exécute systématiquement tous ceux qui ont trente (30) ans, il faut éviter de te réjouir parce que tu as douze (12) ans.  Certains hommes politiques ont certes été pour des mauvais exemples dans la construction de l’équilibre et la stabilité sociale mais cela ne devrait pas nous pousser à baisser les bras dans ce combat pour la délivrance de la mère patrie. A chaque génération sa mission. La notre est de nous débarrasser définitivement de ce type de politicien dont l’existence n’a été qu’une honteuse luciole voulant jouer le rôle de flambeau. Aux leaders politiques et aux membres de la société civile incarcérés, nous disons courage car l’expression humaine est pauvre pour exprimer notre reconnaissance dans ces moments difficiles. Nul sacrifice n’est vain.

Votre mot de fin ?

Benjamin TEHE : nous voulons dans un premier temps féliciter l’initiative de la création du CNT et encourager le président HKB à la formation rapide du gouvernement de notre instrument de salut, ensuite appeler les Ivoiriens à rester solidaire de toutes les actions du CNT pour l’instauration d’un cadre d’expression démocratique dans les mois à venir.  S’il est vrai « qu’un peuple uni, jamais ne sera vaincu », alors il nous faut maintenir la pression jusqu’au départ de Ouattara aidé par les relais mafieux france-africains. La liberté s’arrache et il nous faut gagner cette bataille ensemble ou périr ensemble.

Parfait ZIO