CI : Alassane Ouattara obtient sa nouvelle Constitution

Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara et son allié circonstanciel, Henri Konan Bédié ont réussi à faire adopter la nouvelle Constitution par voie référendaire. Selon les résultats provisoires communiqués par le président de la Commission électorale indépendante(CEI) Youssouf Bakayoko, le « oui » l’a emporté avec 2 480 287 voix soit 93,42% alors que le « non » a obtenu 174 714 suffrages (6,58%). 2 678 601 des  6 313 000 inscrits se sont rendus aux urnes pour un taux de participation de 42,42% (23 500 blancs ou nuls).

Pour Joël N’Guessan, le porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), le parti du Président Ouattara, c’est un véritable plébiscite. « Plus de 90% ! C’est un sentiment de joie et de fierté. Les Ivoiriens ont compris qu’il fallait tourner la page de nos turpitudes, qu’on sorte de cette Constitution qui nous a amené la guerre pour entrer dans la IIIe République pleins d’espoir »,

Du côté de l’opposition, on crie à la manipulation des chiffres. Pascal Affi N’guessan, président statutaire du  Front populaire ivoirien (FPI), fondé par l’ancien Président Laurent Gbagbo, a déclaré à l’AFP : « Ce sont des chiffres manifestement truqués qui ne correspondent pas à la réalité. Nous avons tous été témoins du désert électoral de dimanche. »

Même son de cloche dans le camp Sangaré, la branche radicale du Fpi  et des autres partis du front de refus, cette tendance estime que le taux de participation oscille entre 6% à 7% et que les chiffres publiés sont fabriqués. Ces derniers menacent d’appeler à de nouvelles manifestations en cas de validation des résultats par  le Conseil Constitutionnel.

Rappelons que le scrutin a été émaillé de violences dans plusieurs localités. Dans les quartiers populaires de Yopougon et de Marcory, à Gagnoa (fief électoral de l’ancien Président Laurent Gbagbo), à Divo, Daloa ou encore à Dabou, des groupes de jeunes ont perturbé le processus de vote, saccageant ou emportant du matériel électoral. Selon le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, une « centaine de bureaux de votes » sur 20 000 au total ont été saccagés. Mais à en croire le ministre, le scrutin s’est déroulé dans le calme, dans l’ensemble.

Dimitry Chrysostome