CI/ PRESIDENTIELLE 2020 : OUATTARA CANDIDAT, NE FERA PAS EQUIPE AVEC SORO

Alassane Ouattara a réitéré, samedi 06 août 2016, lors de son adresse à la nation à la veille de la célébration de l’indépendance de la Cote d’Ivoire, la création d’un poste de vice-président et d’un Sénat dans le cadre de la nouvelle Constitution qui sera soumise à référendum à la fin du mois d’octobre.

La « création d’un poste de vice-président, élu au suffrage universel direct, en même temps que le président de la République (…) pour garantir la paix et la stabilité », est l’une des principales « innovations » du nouveau texte, a indique le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire.

« En cas de vacance de pouvoir, il (le vice-président) garantit la continuité de l’État d’une part et le respect du calendrier électoral d’autre part », a-t-il expliqué.

En réalité, il n’y a pas, en ce moment, de vide juridique, puisque l’article 11 de la de la loi fondamentale ivoirienne fait du Président de l’Assemblée Nationale le successeur constitutionnel du président de la République en cas d’empêchement de ce dernier.

Au fond, il se murmure qu’Alassane Ouattara se préparerait à un troisième mandat, avec un vice-président qui lui serait totalement acquis, non pas un président de l’Assemblée Nationale plus libre, qui va tirer sa légitimité du parlement. Selon des indiscrétions, le plan du président Ouattara serait celui-là : Guillaume Soro, qui va se faire réélire député de Ferké lors des prochaines élections législatives, sera reconduit à la tête du parlement. Pour une question de séparation des pouvoirs, l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo (2007-2010) ne sera donc pas sur la liste des vice-présidentiables lors de l’élection présidentielle de 2020.

Alassane Ouattara fera alors équipe avec un cadre du RDR (le nom du ministre d’Etat-secrétaire général de la Présidence, Amadou Gon, revient de façon récurrente) ou un cadre assez modéré du PDCI (qui se trouve dans on entourage immédiat). Le tout avec la bénédiction et l’appui de l’aîné Henri Konan Bédié, l’indéboulonnable président du PDCI RDA.

« La nomination d’un vice-président vise en réalité à lui (Ouattara) permettre de choisir son successeur ce qui traduirait une dévolution monarchique du pouvoir », a accusé l’opposition ivoirienne.
Fin juin 2016, vingt-trois partis d’opposition, dont le Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo, ont adopté une déclaration commune refusant le référendum sur une nouvelle Constitution.
Les opposants ont demandé la « convocation d’une assemblée constituante » non sans critiquer de nombreux autres choix. « La multiplication de nouvelles institutions, vice-présidence, Sénat, Chambre des rois, dans une période où le budget de l’État s’avère insuffisant pour faire face à l’amélioration du niveau de vie des populations est anachronique », estiment-ils.

La nouvelle Constitution doit en outre doter la Côte d’Ivoire d’un « Sénat » composé « d’anciens serviteurs de l’État, de personnalités de qualité » qui cohabiteront avec l’Assemblée nationale. « Il nous faut écrire de nouvelles pages de notre histoire », a souligné M. Ouattara, lors de son adresse à la nation, samedi 06 août 2016.

André SELFOUR