CI/Tirs au port d’Abidjan,Bouaké, Bouaflé…: Le régime Ouattara sur des braises

La grogne des militaires et des fonctionnaires secoue le régime d’Abidjan qui a visiblement décidé de parer au plus pressé en cédant aux revendications de ses soldats. Le hic, en cédant aux caprices des soldats, Ouattara se met à dos les autres corps de l’armée et les fonctionnaires qui menacent de passer à la vitesse supérieure.

Début d’année tumultueuse pour le chef de l’Etat Alassane Ouattara. Confronté à des mouvements d’humeurs des hommes en arme qui réclament des milliards comme primes et à la colère des fonctionnaires, le président de la République devra gérer avec beaucoup de finesse cette situation fragile pour éviter que cela fasse école. « Je confirme mon accord pour la prise en compte des revendications relatives aux primes et à l’amélioration des conditions de vie et de travail des soldats », avait annoncé Alassane Ouattara dans une brève déclaration au soir de la mutinerie du 7 janvier 2016. Cette sortie d’Alassane Ouattara montre que  dans cette grisaille, ce dernier semble plus préoccuper à faire taire les bruits d’armes à Bouaké et dans d’autres villes. Reléguant ainsi au second plan les revendications des fonctionnaires.

Si cette approche paraît la meilleure face à des militaires qui ont encore démontré  qu’ils tenaient le régime au bout du fusil, cependant le revers de la médaille peut perdre le champion du Rdr. Car après les militaires, il faudra ‘’gérer tout le monde’’.  «Si nos revendications ne sont pas satisfaites, nous reconduirons la grève. Nous procéderons par des sit-in, des marches. Nous invitons nos camarades à rester à l’écoute et mobilisés. Ne céder à aucune pression et intimidation d’où qu’elles proviennent notamment des préfets, sous-préfets, directeurs des ressources humaines (DRH)…», a prévenu Djédjé tapé Apollinaire. Avant d’annoncer la reconduction de la grève du 16 au 26 janvier 2017.

Comme fallait s’y attendre, les gendarmes, gardes pénitenciers et autres corps sont rentrés dans la danse. Après les affrontements d’hier à Bouaké et Yamoussoukro faisant 2 morts parmi les militaires, c’est autour des gendarmes de bloquer le port autonome d’Abidjan ce mercredi 18 janvier en tirant en l’air. On peut le dire le régime d’Alassane Ouattara est sur des braises.

Dimitry Chrysostome