Depuis le début de la crise sanitaire, les autorités ont décidé de rendre obligatoire le port du cache-nez et certaines mesures visant à freiner le virus. Dans l’exécution, les Abidjanais ont trainé les pas. Cependant au fil du temps le cache-nez est devenu un passeport dans le grand Abidjan. 

 

Difficile de s’adapter lorsque la mesure a été prise. Les Abidjanais ont fini par s’habituer. Car le  port du cache-nez s’impose.  Une fois à bord d’un véhicule, le chauffeur s’assure d’avoir dans sa voiture, des usagers en possession de leur nouveau ‘’passeport’’.

Dans un gbaka sur la ligne Sable-Koweït dans la commune de Yopougon, à peine dans le véhicule, l’apprenti vérifie d’abord si tous les passagers ont leur cache-nez. ‘’S’il vous plait j’espère que tout le monde a son cache-nez. Celui qui n’a pas, peut descendre. Nous ne voulons pas de problème en route avec les policiers’’, prévient l’apprenti.

Tout le monde commence à placer son cache-nez. Seul  visa pour être admissible au voyage. Dans un premier temps les usagers oublient le véritable titre de transport. Le chauffeur déclare à haute voix ‘’Nous sommes exigeants parce que nos policiers ne font pas de cadeau. Plusieurs de nous ont vu leur véhicule mis en fourrière. Ce n’est pas à cause de cache-nez deux cent francs que je vais arrêter de travailler.’’

Cette mise en garde du chauffeur a calmé les ardeurs de quelques personnes qui se plaignent d’avoir oublié leur cache-nez à la maison et d’être fatigués de le porter. Les titres de transports ne sont pas aujourd’hui prioritaires dans les véhicules de transport. C’est la dernière chose qui est demandé.

Même son de cloche dans les bus. Les machinistes sont très exigeants sur la question. Le port du cache-nez ou descendre. L’usager doit choisir entre ces deux options. Ceux qui n’ont pas ce passeport sont tenus de descendre tout simplement.

Aux abords des rues, les forces de l’ordre veillent au grain. Les indélicats se font prendre. D’autres conducteurs sont dépossédés de leur permis de conduire pour n’avoir pas mis le cache-nez. La sensibilisation se fait à outrance par les hommes en tenu.

Dans les différentes compagnies de bateau bus, le contrôle se fait depuis la caisse où les tickets sont achetés. Le contrôle reste encore très strict. Tous ceux qui s’amusent à descendre leur cache-nez sont vite rappeler à l’ordre. Le contrôle est fait avant le départ.

Dans cette ambiance, ce sont les vendeurs de ce nouveau passeport qui se frottent les mains. Dans tous les coins de rue Abidjanaise, aux différents quais, les vendeurs de cache-nez sont là. Au prix de 200 francs cfa, ils évacuent leur marchandise.

En clair, au début piétiné, la mesure est bien appliquée dans le grand Abidjan dans l’ensemble.

Parfait ZIO