Tanguy Anegbele est un expert en business intelligence et big data.  Entrepreneur et directeur général de Nedtics,  une entreprise de conseil basée aux Etats unis spécialisé dans le conseil stratégique et numérique, donne ses recettes afin de mieux faire face à la crise économique mondiale.    

 

Comment appréciez- vous la situation économique mondiale dans le contexte   lié au Covid-19 ?

 

Le monde entier traverse actuellement une crise sanitaire, l’une des plus importantes de ces dernières décennies, avec son lot de morts. Mais aussi la paralysie mondiale de toutes les activités allant du secteur informel aux grandes entreprises. Environs 1,25 milliards de salariés à travers le monde seraient touchés par une réduction salariale. Cette situation est donc le fuel d’une crise économique mondiale. Tous les indicateurs en termes de croissance sont revus à la baisse, avec par exemple une contraction trimestrielle du PIB en France, valeur estimée à 5,8% au premier trimestre soit un recul de 6 points par rapports aux prévisions périodiques. Cette baisse sera bien évidemment ressentie par nos états africains qui sont fort dépendant de la santé financière et économique des grandes puissances.

 

Que doivent faire les pays Africains et la Côte d’ivoire en particulier afin de ne pas subir d’avantages les effets de cette crise lié au Covid-19 ?

 

Nous pensons qu’il faut d’abord faire un diagnostic clair de la situation. La crise économique que nous commençons à vivre est liée à l’arrêt des activités non essentielles afin d’arrêter ou ralentir la progression du virus  par la méthode du confinement. La crise du Covid-19 est venue montrer à tous et surtout à nos états africains qu’il est vraiment temps d’entamer le processus de digitalisation des entreprises, et des services de l’état. Mais aussi de tous types de services à la consommation. Nous ferons ainsi des gains énormes en matière de qualité de services et surtout d’activités économiques ininterrompues. Il est vrai qu’en Côte d’Ivoire il n’y a pas eu de décision de confinement stricte mais nous avons pu constater que certaines entreprises ont réaménagé leurs horaires de travail avec le couvre-feu imposé par les autorités ce qui a forcément entraîné une réduction d’activité donc de chiffre d’affaire.  La maladie à COVID est donc le déclencheur de cette crise mais nous aurions pu endiguer ses effets si nos états, nos entreprises avaient réellement enclenché la transformation digitale dans la gestion des activités sociétales. Nous pensons qu’en dehors de tous les ajustements structurels, réduction d’impôt, abrogation des factures de CIE et SODECI, et autres avantages financiers ou économiques il est plus que nécessaire de repenser notre façon de voir le monde en général. A chaque époque sa révolution, aujourd’hui nous sommes à l’heure de la révolution numérique.

 

Comment définir la révolution numérique pour les profanes qui nous lisent ?

 

La révolution numérique ou digitale est l’ensemble des bouleversements, des changements sociaux liés à l’essor des nouvelles technologies et d’internet. Cette révolution a totalement changé les habitudes des hommes, mais aussi des entreprises. Cette révolution a commencé tout doucement jusqu’à atteindre aujourd’hui un vrai pic même dans la vie courante des individus. Par exemple dans le passé, il fallait envoyer des lettres en format papier d’un endroit à un autre pour donner ou obtenir juste des nouvelles de son ami, aujourd’hui grâce à internet via des applications numériques, en un clic et à la seconde tout se sait.

 

La Côte d’Ivoire est aujourd’hui dotée d’un Ministère de l’Economie Numérique, pouvons-nous dire que notre pays est à l’heure du numérique ?

 

 

C’est une bonne chose d’avoir dans notre gouvernement un ministère entièrement dédié à l’économie numérique. C’est un signal fort et cela est à saluer mais faudrait-il encore que nous ayons une politique réelle de développement digital, pour être honnête avec vous je n’en vois pas ou du moins je n’en vois pas les effets. En matière de développement numérique au sens professionnel du terme, la côte d’ivoire est aux abonnés absents. L’économie numérique ce n’est pas donner accès à internet à un plus grand nombre de personnes ou communiquer sur les réseaux sociaux. Cela va bien au-delà. C’est être capable de développer des activités génératrices de revenus, pourvoyeuses d’emplois.

 

Ne croyez-vous pas que tout ceci est difficilement réalisable pour nos pays ?

 

Il n’y a rien qui soit difficilement réalisable, il faut d’abord une volonté de nos gouvernants et autres chefs d’entreprises de vouloir entamer la transformation digitale. Cette transformation digitale doit d’abord commencer par le changement des comportements, une flexibilité plus accrue puis une vraie politique de développement de l’économie numérique.

 

Votre mot de fin

 

Je voudrais saluer les autorités de mon pays qui montrent leur bonne volonté concernant l’essor du numérique dans notre pays, et leur demander d’aller encore plus loin par le développement numérique des différents secteurs d’activités. Dans l’éventualité d’une recrudescence de la propagation de cette pandémie, il faut anticiper pour permettre à l’état et aux entreprises de continuer à fonctionner en faisant du chiffre afin de préserver les emplois. La croissance de demain repose sur le développement de l’économie numérique.