Daloa/Un sous- préfet ferme une église

L’église baptiste missionnaire de Gourignani serait fermée sur instruction de madame le sous-préfet de Daloa. Cette décision fait suite à des démarches menées par le pasteur Botti Bi Pierre auprès de l’autorité compétente.

La mesure conservatoire prise par Mme le sous-préfet indique que l’homme de Dieu et sa hiérarchie s’impliquent dans la résolution du conflit. Cette démarche n’a rien donné. Selon madame le sous-préfet, pour préserver la cohésion sociale et éviter tout trouble à l’ordre public en période sensible, il est important de fermer temporairement l’église et poursuivre la médiation avec la chefferie villageoise. Pour rappel, le pasteur principal de ladite communauté et ses fidèles sont allés récemment pour une retraite spirituelle sur une montagne du village appelée Bian.

« Mes fidèles et moi nous nous sommes rendus à la montagne Bian pour une retraite spirituelle. Quelques jours après, monsieur Gala Richard, un prétendu adorateur de la montagne, vient nous dire qu’après notre passage sur la montagne Bian, les esprits de la montagne ont été aveuglés à cause de nos prières », relate-t-il, avant de signifier que les chefs des huit villages du département exigent que l’église soit fermée.

Le pasteur Botti Bi Irié Pierre a affirmé par ailleurs que les chefs des huit villages que sont Bandiahi, Gourignani, Koinzra, Ourouta, Brohouta1et 2, Gouenoufla et Bêfla réclament à la communauté comme amende un bœuf. « Après la menace de l’adorateur de la montagne, Gala Richard, les différents chefs de villages nous exigent d’offrir un bœuf pour calmer les esprits des génies. J’ai dit pas question. Mes fidèles et moi, nous ne donnerons absolument rien », insiste le pasteur. A en croire le pasteur de l’église Baptiste missionnaire de Bédiala, la montagne où ses fidèles et lui sont allés en retraite n’est pas une zone interdite. Tout le monde y va.

En effet, la communauté ne comprend pas un tel acharnement des villageois. « Nous sommes chaque jours menacés. Les villageois menacent de détruire notre temple. Même les chefs de village sont dans la danse », s’inquiète-t-il.

Les fidèles, quant à eux, confient chaque jour leur sort à Dieu. Cette manière de faire porte à croire que la liberté de culte, qui est un droit en Côte d’Ivoire, est mise à mal dans cette localité. Le pasteur Botti Bi Irié Pierre appelle le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko et son directeur de culte au secours afin de trouver une solution à cette situation, avant que le pire arrive.

Parfait Zio