Après la cérémonie d’investiture du président Ouattara, de nombreux voix se sont levées pour dénoncer l’attitude du chef de l’État. Benjamin Téhé, proche collaborateur de Mamadou Koulibaly s’est également indigné dans cette interview.

 

 

La Côte d’Ivoire a connu le lundi 14 décembre ce que plusieurs observateurs et démocrates ont qualifié de ‘consécration de la dictature’. Votre commentaire ?

Benjamin TEHE : Cette cérémonie d’intronisation, ce qui est différent d’une investiture ; doit être enregistrée aux records Guinness dans la catégorie de dictatures des temps modernes. C’est un bien triste palmarès pour notre pays qui jadis était cité en exemple. Ouattara et le rdr viennent de jeter la honte, le déshonneur, que dis-je ; l’ignominie sur toute un peuple par cette attitude digne du moyen âge. Il faut vraiment le dire sans langue de bois, Dramane vient de plonger la Côte d’Ivoire dans une notoriété aléatoire tout en nous maintenant en mode croissance virtuelle. Ce recule démocratique ne peut pas être accepté sous aucun prétexte. Nous combattrons jusqu’à la victoire finale dans quelques temps. De toutes les façons, nous n’avons rien à perdre. Il s’agit de notre pays et le combat est notre seul chance de salut.  Nous reprenons à notre compte les propos de Karamoko Yayoro, membre du rdr au pourvoir pour dire que « l’insurrection est un droit pour un peuple qui souffre ». Il se souviendra surement des circonstances qui l’on poussé à le dire.

Est-ce à dire que le combat continu sous sa forme initiale, le dialogue est perdu à tout jamais ?

Benjamin TEHE : qui vous a dit que Dramane voulait ou veut dialoguer ? Vous y avez cru un seul instant ? Soyons raisonnable. L’ex président, est dans la diversion et la distraction. Tout est mis en œuvre pour définitivement tuer le  vivre ensemble. Ne dit-on pas que le dialogue est l’arme des forts ? Refuser le dialogue est donc l’arme des faibles. Voici ainsi mis à nu le rdr et son gourou.   Feu GON était dans cette logique et il est clair que c’est cette sadique mission qu’il vient de confier à son nouvel exécutant Hamed BAKAYOKO. S’il voulait s’ouvrir au dialogue, le discours de sagesse et d’apaisement du Président Henri Konan BEDIE aurait eu une oreille attentive. Mais hélas ! L’opposition ne quémande pas la clémence de Ouattara sur le respect de la constitution. Nous exigeons son respect. La constitution n’est pas un grimoire où seuls le rdr et ces adeptes peuvent en déchiffrer le contenu. Nous ne nous associerons jamais à l’euthanasie de notre constitution.

Est-ce la position de LIDER ?

Benjamin TEHE : écoutez ! Il faut faire la part des choses. Primo, le combat actuel est et devrait être au dessus de toutes les considérations et chapelles politiques. Nous parlons de la constitution du pays. Nous parlons du sens de notre existence sur cette portion de terre où le créateur à bien  voulu nous conduire pour que nous nous assumons. Nous parlons de notre raison d’être et comment nous nous définissons par rapport aux autres peuples. Nous parlons du contrat social qui nous uni. Si cette colonne est en danger de destruction volontaire, il est du devoir de quiconque se réclamant Ivoirien d’être animé d’un reflexe de survie pour défendre ce socle. Et à mon sens, cela va au-delà des partis politiques.

Secondo, à LIDER le respect de la liberté, la démocratie pour asseoir une république est notre cheval de bataille. Cela passe indubitablement par la défense de la constitution et le respect des libertés. Depuis le professeur Mamadou KOULIBALY fondateur du parti jusqu’à l’actuel présidente Monique GBEKIA, notre vision est resté la même. Défendre des valeurs démocratiques et assumer le rôle de pédagogue du peuple. Cela a été certes difficile mais le temps nous a donné raison car aujourd’hui, les Ivoiriens comprennent les méandres de ce qui semblait autrefois réservé à une caste. C’est le peuple qui est le souverain et non le contraire comme veut nous le faire croire l’actuel tyran et ces obligés. Il appartient au peuple de s’approprier son combat et les partis politiques suivront, pas l’inverse. C’est difficile dans notre contexte actuel mais c’est aussi ça la démocratie. Tant qu’il restera un seul Ivoirien lucide en Eburnie, le combat pour le respect de notre constitution continuera car on ne quitte pas le multipartisme pour retourner à la monarchie ou la tyrannie. C’est aussi le lieu de féliciter l’opposition qui par sa dextérité à réussi à mettre à nue Ouattara et toute sa mafia. Ils sont contrains de se mettre à découvert la France en première ligne.

Croyez-vous en une révolution ?

Benjamin TEHE : les révolutions ne se décrètent pas. Elles sont certes spontanées mais partent toujours d’un ras-le-bol. Tous les ingrédients sont réunis pour une telle situation. Un tel mouvement s’accompagne d’effets collatéraux et il faut dire que la France va payer un lourd tribu. Ce n’est pas une prophétie, c’est juste un réalisme politique et sociologique. En Côte d’Ivoire, la France est sortie par la porte en octroyant un semblant d’indépendance et est revenue par la fenêtre nous voler et piller nos richesses par un cartel qui est chaque jour démasqué. Voir Sarkozy et tous les hommes de l’ombre sortir au grand jour est une victoire pour nous. Ce soutien laisse transparaître l’abominable, le crapuleux  et la lâcheté des politiques français. Venir soutenir Ouattara est d’une puanteur insoutenable. Cette partie de qui perd gagne est finie. Nous sommes d’une autre époque et une nouvelle génération. Jamais nous ne laisserons les choses en l’état.

Quel regard portez vous sur notre justice ?

Benjamin TEHE : il faut bien quelle existe avant de porter un regard sur elle. Désolé ! La Côte d’Ivoire est dans un coma juridique très profond depuis le 11 Avril 2011. Le dire ainsi n’a rien d’une exagération mais est le résultat d’un constat scientifiquement prouvé. Nous ne manquons pas d’éminents juristes. Les sommités dans le domaine  en Afrique sont Ivoiriens. Mais l’ironie du sort est qu’ils ont tous prostitué le temple de Thémis et ce qui en fait son fondement. Du tristement célèbre procureur ADOU Richard en passant par Koné MAMADOU du conseil constitutionnel, il faut reconnaitre que la messe à été dite. Le dernier cité est plus un magicien qu’un magistrat. Il a dépassé les limites de l’infamie. Le sage disait « c’est celui dont tu as soigné l’impuissance qui prend ta femme ». Cette parole est vraiment l’illustration de ce magicien magistrat sorti des entrailles de la rébellion.

Un mot sur les passeports et le retour du président GBAGBO ?

Benjamin TEHE : le jour où je verrai le président LG à l’aéroport FHB, je pourrai vous en dire plus. Que DIEU le protège ainsi que le ministre CBG.

Un mot sur l’épisode YODE et SIRO ?

Benjamin TEHE : (Rire !) Je suis musicien, musicologue et spécialiste du ZOUGLOU. Ce sujet n’a été qu’un coup de recherche de buzz par le persécuteurs Adou Richard .  Une étude historique des textes du Zouglou montre que ce genre musical doit sa longévité à cette forme de conceptualisation sonore du fait social. YES ont pleinement le droit de tenir un tel discours. Cela relève de l’ADN du Zouglou. Le rdr et tous ces adeptes, furent-ils procureur où quoi encore ne pourront échapper à ce rituel. Tout comme le Reggae, le Zouglou est une musique à l’origine engagée. Le nier est malheureux et grave pour un genre musical classé au patrimoine culturel Ivoirien. Les propos de YES ont été tenus lors d’une prestation musicale dans un lieu que tous les ivoiriens sans distinction de  partis politiques fréquentent. Pourquoi vouloir réécrire l’histoire de cette façon maladroite ? Bref ! C’est tout simplement honteux.

Votre mot de fin ?

Benjamin TEHE : demander au peuple de pendre courage. Les grandes victoires demandent aussi de grands sacrifices. Nous  devons tenir ce combat pour libérer tous les autres peuples frères de l’espace francophone de tous ces dictateurs marionnettes de la France, pour enfin donner un héritage vrai aux futures générations. Il faut lutter dans l’union et la discipline. Vive la Côte d’Ivoire libre du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre. Bientôt, nous serons une Nation

 

Parfait ZIO