Le Bureau régional du Fonds des Nations Unies pour la Population en Afrique de l’Ouest et du Centre (UNFPA – BRAOC) ont organisé le 19 mars dernier, en partenariat avec la Première Dame du Niger,  Dr Lalla Malika Issoufou, une table ronde sur le thème « Partenariat renforcé et élargi : Levier essentiel pour l’élimination de la fistule obstétricale », le 23 mars 2021. L’événement physique aura lieu le mardi 23 mars 2021, de 10h00 à 12h00 GMT et sera diffusé virtuellement.

 

Les objectifs de la table ronde sont, entre autres, de renforcer le plaidoyer, d’élargir les partenariats et de mobiliser des ressources supplémentaires, y compris des ressources nationales, pour assurer la mise en œuvre efficace du plan régional pour éliminer la fistule obstétricale en Afrique de l’Ouest et du Centre.

 

Selon Mabingue Ngom, directeur régional de l’UNFPA, « cette table ronde permettra de remobiliser les acteurs : États membres, partenaires techniques et financiers autour de la première stratégie régionale de lutte contre la fistule obstétricale couvrant la période 2019-2030, en vue d’accélérer l’engagement des partenaires à éradiquer ce fléau. »

 

 

Depuis 2003, UNFPA et ses partenaires sont engagés dans le cadre de la campagne pour l’élimination de la fistule obstétricale, durant laquelle environ 85 000 femmes et jeunes filles ont bénéficié d’un traitement réparateur. Néanmoins, plus de deux millions d’autres femmes continuent de souffrir de fistule obstétricale, dont plus de la moitié en Afrique de l’Ouest et du Centre – et continuent de vivre dans des conditions indignes. Malgré les efforts déployés pour leur venir en aide, il importe de reconnaitre que le rythme reste lent. En effet, en 2018, 2 281 femmes au total ont bénéficié d’un traitement dans la région alors que d’après les dernières estimations entre 600 000 et 1 000 000 de cas sont en attente de traitement.

En Afrique de l’ouest et du centre, il existe plusieurs causes directes et indirectes de la fistule obstétricale. Celles-ci comprennent la forte croissance démographique (2,7%), l’Indice Synthétique de fécondité le plus élevé au monde (5,2 enfants par femme), le faible accès aux services de santé de la reproduction, et la prévalence élevée du mariage des enfants (42%) et des mutilations génitales féminines (MGF – 24%). Les MGF peuvent atteindre 90% dans certains pays comme la Guinée, le Mali et la Sierra Leone, et à celles-ci s’ajoute la traditionnelle faible scolarisation des filles (24%).

Les femmes victimes de fistules en raison d’un accouchement subissent les conséquences de cette maladie durant 7,5 années de leur vie. Cette durée correspond en général aux premières années de l’entrée sur le marché de travail, qui sont ainsi sacrifiées. De plus, un ensemble de facteurs récents ralentissent l’éradication de la fistule et la prise en charge des malades : la menace sécuritaire dans la bande sahélienne et la pandémie de la Covid19 ont imposé une limitation sans précédent des mouvements et des déplacements de populations, surtout des femmes et des filles, limitant ainsi leur accès aux services de santé de la reproduction, et les services de santé déjà fragiles ont vu leurs capacités d’offre de soins de qualité grandement impactées.

La Première Dame du Niger S.E. Dr. Lalla Malika Issoufou se mobilise activement aux niveaux national et régional pour assurer une participation de haut niveau. Les Premières Dames de certains pays (Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Sierra Leone et Tchad) ont déjà confirmé leur participation.

 

Pour rappel,  l’Agence Coréenne de Coopération Internationale (KOICA) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) ont signé le 17 juin 2020 un accord de financement du projet « prévention et traitement des fistules obstétricales en Côte d’Ivoire ».  Cette troisième phase de ce partenariat tripartite entre le Gouvernement de Côte d’Ivoire, la KOICA et l’UNFPA vise à accompagner l’institutionnalisation des stratégies de prévention et de prise en charge des fistules obstétricales en Côte d’Ivoire.

Parfait ZIO