Benjamin Téhé, proche collaborateur de Mamadou Koulibaly, se prononce sur l’actualité ivoirienne dans cette interview.

Le retrait de la déclaration de compétence de la Côte d’Ivoire de la Cour Africaine des Droits de l’homme et des Peuples continue de défrayer la chronique ; quelle est votre analyse ?

Benjamin Téhé : il faut sortir de l’émotion et apprécier cette situation avec beaucoup de sang froid. La Côte d’Ivoire  en retirant sa déclaration de compétence à la Cour Africaine des Droits de l’homme et des peuples (CADPH), confirme toutes les critiques portées contre lui. Nous ne cesserons de le dire : nous vivons depuis 2011 dans un régime sans foi ni loi.  C’est le cas malheureusement pour la Côte d’Ivoire. Tous les juristes sérieux du monde vous diront que les actes posés par Ouattara et son clan sont les preuves suffisantes des dérives et autres abus que subissent les populations Ivoiriennes. Le droit est définitivement inexistant et le monarque peut s’en réjouir, mais pour combien de temps ? C’est une  déculotté supplémentaire à laquelle le rdr  nous a exposé à travers cette décision vis-à-vis de cette prestigieuse organisation  Africaine.

La réaction du régime n’est-elle  pas une victoire pour SORO et ces avocats ?

B.T : (rire !) Vous avez dit victoire ? En quoi est-ce une victoire ? Qu’a obtenu SORO ? Qu’a fait le régime rdr-rhdp en place qui puisse laisser entrevoir une quelconque victoire de SORO ? L’état de non-droit doit-il être exalté ou célébré ? Est-ce cela la victoire ?  Non ! Soyons sérieux ! Le fait que Ouattara et ses satellites ne respectent pas le droit est connu de tous depuis des années. C’est juste une confirmation d’un fait déjà connu. Rien de plus. La preuve que rien n’ira dans le sens d’une quelconque victoire est que l’état à travers le procureur ADOU est monté à la charge avec l’inculpation de ces proches dans cette vendetta à laquelle nous assistons. Pis, aucune organisation de la société civile ivoirienne y compris les citoyens que nous sommes ne pourraient porter plainte contre cette dictature devant cette cour à l’ avenir. Est-ce là une victoire ? Je ne crois pas.  Mais ce qui est intéressant est que les pistes des témoignages nous conduisent vers les vrais financiers de la rebellions qui a endeuillé le pays et SORO n’a été qu’une marionnette volontaire dans le dispositif. Hélas !

La situation sanitaire reste encore confuse et les ménages connaissent des difficultés véritables. Le président Ouattara vient de prendre des mesures qu’en pensez-vous et que propose LIDER comme solution pour aider les populations ?

B.T : Il faut admettre que le gouvernement est dans une gestion confuse et désordonné de cette situation. Cela ne fait que renforcer les frustrations et les discriminations entre les populations. Est-ce l’application d’une politique de décentralisation ou de déconcentration des pouvoirs en fin de mandat ? Des milliards distribués comme dans une tontine et dont les bénéficiaires seront connus comme dans les résultats d’une loterie ! Nous sommes bien dans du vuvuzela  politique. Mais c’est le contraire qui nous aurait étonnés. Notre parti politique LIDER, à travers son candidat MAMADOU Koulibaly fait les propositions suivantes au gouvernement pour soulager les populations car les conséquences sont dramatiques sur notre économie en l’état actuel. Il y a entre autre, le port du masque qui doit être obligatoire et strictement surveillé. L’ouverture progressive des entreprises, laissé les sociétés reprendre leurs activités, les magasins, le transport entre Abidjan et le reste du pays reprendre tranquillement, les marchés et les lieux de commerce reprendre mais avec l’exigence ferme que toutes les personnes portent le masque et qu’il est l’habitude de laver les mains. On peut abandonner le couvre-feu maintenant mais en surveillant rigoureusement la situation. Ouvrir les frontières avec nos voisins pour faciliter uniquement le commerce et cela de manière progressive et stricte. Dépistage et renforcement des capacités sanitaires. Si cela n’est pas fait, nos économies fragiles vont sombrer définitivement et nous plonger dans une posture encore plus difficile que nous l’étions auparavant.

Des ministres atteints du COVID-19, le premier ministre hors du pays pour un contrôle médical. Qu’en pensez-vous ?

B.T: Je voudrai dans un premier temps dire prompte rétablissement à tous ceux qui sont malades ; autorités comme citoyen lambda. Ma prière est que cette pandémie disparaisse rapidement du milieu de nous mais que nous en tirons les conséquences.  Cette situation a mis à nue, 09 ans de démagogie politique de la part du régime rdr à tous les niveaux mais particulièrement au plan sanitaire. Rien ! Rien n’a été fait de manière significative et les faits sont là. Grève du corps médical en pleine crise du Corona. Inexistence de matériel médical et de plateaux techniques pour faire face à une crise sanitaire. Application de mesures tardives et discriminatoires. Voici le bilan inattaquable du rdr. Et les ivoiriens sont bien conscient du danger auquel ils sont exposé avec de tels dirigeants.  Je dirais même que la polémique autour de l’absence et de la santé du premier ministre est le signe de la faillite du système qu’ils ont tant vanté. Se soigner à l’extérieur en abandonnant le peuple Ivoirien en pleine crise sanitaire est comparable à un capitaine qui abandonne le navire en pleine crise au beau milieu de la mer. Octobre n’est pas loin et chaque Ivoirien devrait faire le choix de la raison, du salut et du changement réel. Avec le candidat MAMADOU Koulibaly, aucune autorité qui est payée avec l’argent du contribuable ne devrait se soustraire de la sorte quand lui-même a contribué à détruire le système.

Votre mot de fin ?

B.T: Je voudrais inviter les ivoiriens à toujours respecter les mesures de préventions et à faire les enrôlements qui me semble-t-il continuent. Il faut être enrôlé  pour que votre voix puisse compter. Ouattara et son régime entretienne volontairement le flou sur cette opération mais il faut rester vigilant car il y va de notre délivrance totale au soir du 31 Octobre avec Mamadou Koulibaly comme président.

Interview réalisée par Parfait ZIO