Le gouvernement ivoirien a tenu à rassurer les populations face à cette situation ‘’alarmante’’ que traverse notre pays.

«La situation est certes alarmante mais le Gouvernement travaille à y mettre fin. Les populations doivent être rassurées », a déclaré le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, à l’issue du Conseil des ministres de mercredi.

«Nous voulons rassurer les populations de ce que nous travaillons à la résolution de cette situation», a-t-il ajouté.

Le ministre demande donc aux Ivoiriens ‘’de garder leur sang froid’’ et de ‘’faire confiance au gouvernement et au président de la République’’.

Cet appel du ministre de l’intérieur fait suite à celui du porte-parole du gouvernement Bruno Koné qui a promis des solutions.

« Le climat actuel de tensions sociales préoccupe le Gouvernement qui recherchera avec tous les acteurs, des solutions justes, supportables et durables », a-t-il indiqué mardi, sur son compte twitter.

Malgré cet appel du gouvernement, la psychose s’est emparée de plusieurs populations, marquées par la crise postélectorale, qui souhaitent que les paroles soient transformées en actes pour que des solutions définitives soient trouvées.

« J’ai vraiment très peur quand j’entends tout ce qui se passe dans le pays », a confié Anne Konan, une jeune dame rencontrée dans la commune de Koumassi, mardi matin. Cette dame qui visiblement est très effrayée ‘’espère que les choses vont rentrer dans l’ordre pour qu’elle puisse exercer son commerce dans la quiétude’’.

Tout comme elle, Samba D. dit craindre ‘’le pire’’ dans la mesure où les armes à feu ont crépité encore dans plusieurs villes ivoiriennes. «J’espère vraiment qu’on n’aura pas à revivre 2010. Nous ne voulons plus de guerre », s’est-il lamenté avant de demander aux autorités de prendre des mesures adéquates pour régler cette situation.

Anita Aka, une jeune dame rencontrée à Marcory est toute aussi préoccupée par la vague de protestations qui secoue son pays. « Mes parents vivent à Dimbokro, ces derniers m’ont appelé pour me dire qu’il y avait des tirs là-bas et j’ai aussi appris que des tirs ont également été entendus dans plusieurs autres villes de la Côte d’Ivoire. Tout ceci est vraiment très préoccupant », a-t-elle indiqué implorant la grâce de Dieu pour ne pas que ‘’le pire arrive’’.

C’est dire que tout le monde attend beaucoup des autorités.

La Côte d’Ivoire faut-il le rappeler est confrontée ces dernières semaines à une vague de contestations.

Les 6 et 7 janvier derniers, des soldats se sont mutinés pour réclamer chacun une prime (Ecomog) d’un montant de 12 millions de FCFA dont le paiement d’une partie (5 millions FCFA) a débuté lundi dernier.

Hier mardi, ce sont des gendarmes, policiers et militaires qui n’étaient pas concernés par le paiement de cette prime qui se sont fait entendre dans plusieurs villes du pays à travers des tirs d’armes parfois lourdes.

Les fonctionnaires sont quant à eux à leur deuxième semaine consécutive de grève. Ils réclament des arriérés de salaire et le retrait d’une ordonnance relative à la réforme de la retraite.

Plusieurs villes ont été touchées par ces mouvements d’humeur de militaires et grèves de fonctionnaires. Yamoussoukro, Daloa, Dimbokro, Bouaké, Danané, Man, Bouaflé etc. Ce mercredi, des tirs ont même été entendus dans certains endroits à Abidjan notamment au Port autonome d’Abidjan.

La situation reste certes tendue mais le gouvernement invite toutes les forces ivoiriennes ‘’à retourner au travail’’ car dit-il ‘’du point de vue de l’amélioration des conditions de vie et de travail, tout le monde est concerné (…) il faut que le calme revienne’’ pour travailler sereinement pour apporter des solutions.

Marina NOUAN